Vue aérienne de l'abbaye aujourd'hui
DIX ANS DE RECHERCHE
'élaboration d'un programme d'étude du site de Saint-Germain s'est appuyée sur plusieurs opportunités. Occupé sans discontinuité depuis le bas empire par une fondation religieuse, cet espace au nord de la cité auxerroise témoigne en effet de la permanence des structures chrétiennes et de leur adaptation aux évolutions chronologiques.

La documentation écrite éclaire en grande partie cette occupation depuis les origines jusqu'à nos jours.

Mais l'édifice contemporain conserve aussi en place des élévations des remaniements successifs depuis l'époque carolingienne jusqu'à nos jours. Les peintures carolingiennes de la crypte découvertes à partir de 1927 sous des badigeons et des décors modernes consacrèrent particulièrement la notoriété du site.

Ces importants témoignages historiques et architecturaux de Saint-Germain d'Auxerre formèrent les assises scientifiques du projet de recherche archéologique. Une partie de l'abbaye se prêtait particulièrement à des investigations : l'emplacement de l'avant-nef détruite au début du XIXe siècle et occupé depuis par une cour ouverte. Espace accessible au cœur de l'abbaye, la documentation conservée sur l'avant-nef laissait présager la présence de vestiges susceptibles d'éclairer l'occupation du site.

Or Saint-Germain faisait l'objet d'un programme de restauration et d'aménagement muséographique depuis les années 70. L'archéologie offrit une nouvelle dimension à la rénovation abbatiale déjà entreprise.

Archéologues et historiens du CNRS et de l'Université s'unirent à la Ville d'Auxerre pour donner une base scientifique à ce projet à partir de 1986.

Fouilles à travers une ouverture gothique de l'abbatiale